Muhammad Abd al Qader al Jasem est un blogueur et journaliste qui habite à Koweït, ville de 2,5 millions d’habitants et capitale du Koweït.
Editeur en chef du quotidien Al-Watan, il a été arrêté le 10 mai après qu’il se soit rendu à la police de lui-même.
Il était recherché pour « diffamation » envers le premier ministre du Koweït, Sheikh Nasser Al Sabah. Il a en effet critiqué régulièrement les politiciens du pays ces dernières années sur son blogue ainsi que dans un livre paru en 2006, comme le lui permet la loi koweitienne, qui garantie la liberté d’expression.
Il semblerait cependant que l’application de leurs propres lois soit un problème pour les autorités.
Muhammad al Jasem fait actuellement la grève de la faim, pour protester contre son incarcération, et contre le fait qu’aucune visite de sa famille ni de son avocat ne lui soit autorisée.
Amnesty International indique : « Le Koweït soutient qu’il respecte la liberté de pensée et d’opinion mais le harcèlement dont fait l’objet Muhammad Abd al Qader al Jasem tourne cette affirmation en dérision, a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
« Cet homme est un prisonnier d’opinion, détenu uniquement parce qu’il a exprimé son point de vue, et toutes les charges qui pèsent contre lui doivent être abandonnées. »
De toute évidence, l’arrestation et la détention de cet homme va à l’encontre des droits humains élémentaires, dont celui de la liberté d’expression, qui est garantie par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Blogueurs sans Frontières se joint à Amnesty International pour réclamer la libération de Muhammad al Jasem et l’abandon des poursuites à son encontre.
Dania Virgen García est une journaliste et blogueuse Cubaine de 41 ans qui vit à La Havane, capitale de Cuba.
Elle a été arrêtée le 22 avril dernier, jugée le 23 avril (!), puis libérée de prison le 7 mai. Son procès en appel se déroulera le 10 ou 11 mai 2010.
Elle avait été condamnée le 23 avril à 1 an et 8 mois de prison. On l’accuse d’avoir maltraité sa fille de 23 ans lors d’une dispute chez elle.
Dania Virgen García travaille comme journaliste pour les journaux et sites internet Primavera Digital et CubaNet, connus pour leurs liens avec des groupes d’extrême droite et basés respectivement en Suède et à Miami, Etats-Unis.
C’est pour cette raison que des soupçons de procès politique planent sur cette affaire, d’après Reporters sans frontières. La journaliste soutenait en effet les Femmes en Blanc, un mouvement d’opposition au gouvernement cubain réunissant les femmes et membres des parents de dissidents emprisonnés en 2003, habillées de robes blanches, et qui défilent chaque dimanche dans les rues de La Havane depuis lors.
Il semblerait que la famille de Dania Virgen García se désolidarise du mouvement de protestation formé par des dissidents Cubains pour protester contre son arrestation, accusant ce mouvement de vouloir politiser une affaire qui ne l’est pas.
Comme souvent en ce qui concerne Cuba, les informations en provenance des médias étrangers, particulièrement ceux basés aux Etats-Unis (dont le blocus contre Cuba qui dure depuis 48 ans est illégal selon l’ONU) et soutenus par la frange la plus extrémiste des anticastristes, sont à prendre avec des pincettes. Ceux-ci sont en effet très subjectifs, le risque de manipulation est donc grand.
Néanmoins, s’il s’avérait que Dania Virgen García a été accusée faussement de maltraitance et emprisonnée pour ses convictions politiques, ce qui serait une grave atteinte aux droits humains élémentaires, Blogueurs sans Fontières demande aux autorités cubaines que ces accusations soient levées et qu’elle soit libre de ses faits et gestes.
Mise à jour – samedi 15 mai 2010 : Dania Virgen García a été libérée vendredi 14 mai après l’audience de la cour, et une amende de 30 pesos lui a été infligée en lieu et place de la prison.
L’association Internet Sans Frontières organise le 21 mai 2010 la conférence « Web Diversity 2010″ à l’occasion de la Journée mondiale de l’Unesco de la Diversité culturelle, pour le dialogue et le développement.
Ouverte au grand public, au monde associatif, aux élus, aux acteurs publics et privés de l’internet, l’objectif de cette conférence est de permettre à l’opinion publique de prendre la mesure des enjeux liés à la liberté d’expression sur internet et à la lutte contre la fracture numérique dans la vie des citoyens du monde.
Avec des intervenants variés, la conférence abordera au cours de séances plénières et de tables rondes, différents sujets invitant au débat autour de ces questions fondamentales.
L’idée est de donner la parole à des personnes venant de différents pays pour témoigner de leur propre expérience, en privilégiant le débat à partir d’expériences concrètes.
Pour cette première, en présence de Monsieur Elias Sanbar, invité d’honneur en sa qualité d’Ambassadeur et Observateur permanent de la Palestine à l’Unesco, nous parlerons de manière spécifique des nombreux exemples de respect mutuel vécus entre les blogueurs Palestiniens et Israéliens, et sur le dialogue que permet l’outil internet entre ces deux peuples.
Un blogue dédié sera mis en place prochainement, permettant de prolonger dans le temps le dialogue et les échanges qui auront pu être initiés lors de la conférence.
Cet événement est en cours de préparation en partenariat avec Médiapart, Marianne, l’Agence Française de Développement, Solidaires du Monde, le Social Media Club, l’Unesco, et d’autres à venir, notamment pour travailler sur le contenu des tables rondes sur les sujets suivants :
La liberté d’expression 2.0 et les nouveaux médias citoyens
La lutte contre la fracture numérique dans le monde, préalable à la liberté d’expression
La place de l’Internet dans les démocraties émergentes
Les ONG et le Web 2.0
Vivre avec la censure
Vers une déclaration universelle des droits des internautes ?
Un appel à contributions sera prochainement lancé pour déterminer la liste des intervenants. Internet Sans Frontières est également à la recherche de partenaires pour aider dans l’organisation de cette manifestation qui se tiendra pour le premier opus à Paris.
Toutes les contributions sont les bienvenues. N’hésitez pas à les contacter si vous souhaitez participer !
Maxime Zouïev était un blogueur de 36 ans de Kaliningrad, ville de 420 000 habitants située dans l’enclave du même nom, à l’extrême ouest de la Russie.
Ancien journaliste local, l’AFP indique qu’il a été retrouvé mort vendredi 19 mars dans un logement à Kaliningrad, le corps portant des traces de mort violente selon le parquet local, qui a ouvert une enquête pour meurtre.
Un objet tranchant lui aurait impliqué des blessures au cou et au corps, selon l’agence de presse RIA Novosti. Il a été vu la dernière fois le samedi précédent, 13 mars. On était sans nouvelle de lui depuis jeudi 18 mars.
Son corps a été « découvert dans un logement à Kaliningrad et portait des traces de mort violente – des blessures au cou et au corps avec un objet tranchant », a précisé le comité d’enquête du parquet, cité par l’agence RIA Novosti.
Le blogueur, dont on était sans nouvelle depuis jeudi, a été vu la dernière fois le 13 mars, selon la même source.
Nous n’avons pas trouvé l’adresse de son blogue, si vous la connaissez, merci de nous l’indiquer en commentaire.
Lancé en septembre 2006, ce blogue est depuis devenu une référence dans le combat des femmes pour le respect de leurs droits en Iran. Parvin Ardalan, militante, journaliste, blogueuse et co-fondatrice du site a dédié ce prix à toutes celles et ceux qui se battent pour le respect des droits humains, dont la liberté d’expression et les droits des femmes, en Iran.
Depuis le lancement du site, environ 50 cyber-militantes ont été arrêtées et emprisonnées par les autorités iraniennes.
Reporters sans frontières a également diffusé à cette occasion une charte des droits et devoirs des blogueurs en France.
Il indique notamment ce qu’est un blogueur en droit français, ce qu’il peut ou ne peut écrire, quelle est la disctinction avec un journaliste, quelles sont ses obligations, ses droits, les risques encourus etc…
Ce document, en pdf, est visible ici. Blogueurs sans Frontières vous invite fortement à le lire.
Boubaker Al Yadib est un blogueur Marocain de Guelmim, ville d’environ 110 000 habitants du sud du Maroc. Il dirige également l’association berbériste locale, Tamaynut.
Il a été arrêté le 26 janvier dernier alors qu’il se promenait près d’un marché en compagnie de militants Amazighs des Canaries, et placé en garde à vue. La police le recherchait depuis le 1er décembre 2009, après qu’il ait participé et couvert une manifestation d’étudiants Sarahouis qualifiée d’illégale par le pouvoir, dans la ville de Taghjijte, non loin de Guelmim.
Son procès a eu lieu le 28 janvier 2010, soit très peu de temps après son arrestation, et sans qu’aucun chef d’accusation officiel ne soit retenu contre lui. Cette justice expéditive est contre tous les droits humains et ne respecte pas les droits de la défense. Elle est donc par nature elle-même illégale.
Le tribunal de première instance de Guelmim vient de le condamner à 6 mois de prison et 500 Dirham d’amende (44 €) pour « dégradation des biens de l’Etat », « atteinte à un agent de l’Etat », et « participation à une manifestation illégale ». Il est emprisonné à Guelmim. Son avocat, Ahmed Darchil, a décidé de faire appel.
Le pouvoir marocain lui reproche surtout d’avoir organisé et relayé sur internet une grève des blogueurs pour « une semaine de deuil pour la liberté d’expression au Maroc ». Cette action, lancée par l’Association des blogueurs marocains, devait durer jusqu’au 31 janvier 2010, elle semble continuer à l’heure actuelle.
« Cette condamnation inique est un nouveau coup porté à la liberté d’expression au Maroc. Boubaker Al Yadib a été officiellement arrêté pour avoir participé à une manifestation illégale. Or, il apparaît clairement que les motifs de son arrestation et de sa condamnation sont liés à l’engagement militant du blogueur, sur Internet, en faveur de la liberté d’expression », a dénoncé Reporters sans frontières.
Le Maroc est régulièrement mis en cause sur la scène internationale pour le non respect des droits humains, et notamment de la liberté d’expression.
Le procès de quatre blogueurs et cyberdissidents s’est ouvert aujourd’hui 20 janvier à Hô Chi Minh Ville au Viêt Nam. Ceux-ci, militants et défenseurs des droits humains, sont jugés en vertu de l’article 79 du code pénal qui punit les « activités de subversion de l’administration du peuple ».
Le Cong Dinh, avocat de 41 ans, Nguyễn Tiến Trung, ingénieur informaticien de 26 ans, Tran Huynh Duy Thuc, 43 ans et Le Thang Long, 42 ans, étaient passibles de peines sévères, dont de la prison ferme jusqu’à une quinzaine d’années.
Deux d’entre eux, Me Le Cong Dinh et Nguyễn Tiến Trung – ce dernier est diplômé de l’école d’ingénieurs INSA Rennes en France – étaient même passibles de la peine de mort !
Lors de ses études, qui ont duré cinq ans, Nguyễn Tiến Trung avait fondé l’Association des Jeunes Vietnamiens pour la Démocratie, qui a acquis une reconnaissance et une renommée internationale.
Nguyễn Tiến Trung le 29 juin 2007 à la remise de son diplôme par l’INSA de Rennes.
Nguyễn Tiến Trung était rentré de France en 2007, juste après avoir terminé ses études, pour effectuer son service militaire. Il a été arrêté à Hô Chi Minh Ville le 7 juillet 2009 à la fin de celui-ci. Jusqu’à octobre, sa famille n’a eu aucune nouvelle de lui, au mépris des lois internationales. On sait désormais qu’il est vivant, puisque son procès, d’une durée prévue de deux jours, a eu lieu aujourd’hui.
Il a été condamné à 7 ans de prison ferme, assortie d’une période de résidence surveillée de 3 ans. Le procès a finalement duré moins d’une journée pour les quatre accusés, dans une parodie de justice expéditive.
Le Comité de soutien à Trung dénonce cette parodie de procès dans un communiqué.
Tran Huynh Duy Thuc a été condamné à 16 ans de prison ferme.
Le Thang Long, accusé de complicité, a été condamné à 5 ans de prison ferme.
Le Cong Dinh a écopé de 5 ans de prison ferme pour avoir défendu des confrères militant pour les droits humains.
Ces cyberdissidents souhaitent en effet plus de démocratie au Viêt Nam, sans toutefois remettre en cause l’état vietnamien. Il leur est reproché notamment des liens avec le Parti démocratique du Vietnam (PDV), une ancienne émanation du Parti communiste Vietnamien au pouvoir dissoute dans les années 1980 et réactivée sans autorisation en 2006.
Leur seul tord est d’avoir milité et défendu leur droit naturel à la liberté d’expression, reconnu comme un des droits humains fondamentaux par l’ONU.
Le Viêt Nam ne se grandit pas en organisant des parodies de procès, et doit respecter les droits humains fondamentaux, dont celui à la liberté d’expression, et relâcher tous les dissidents injustement condamnés et emprisonnés.
2009 a été une année particulièrement difficile pour les blogueurs, au regard des droits humains. Outre le fait qu’un blogueur, au moins, soit mort en prison, 151 autres ont été arrêtés et emprisonnés en 2009, contre 59 « seulement » en 2008, indique le rapport annuel de Reporters sans frontières.
Bien sûr, le nombre de blogueurs a fortement augmenté. La censure et la répression s’accroissent face à ce nouvel espace de liberté qu’est internet. D’après RSF, « les blogueurs sont désormais tout autant surveillés que les journalistes des médias traditionnels ».