février 3rd, 2010 · Afrique
Boubaker Al Yadib est un blogueur Marocain de Guelmim, ville d’environ 110 000 habitants du sud du Maroc. Il dirige également l’association berbériste locale, Tamaynut.
Il a été arrêté le 26 janvier dernier alors qu’il se promenait près d’un marché en compagnie de militants Amazighs des Canaries, et placé en garde à vue. La police le recherchait depuis le 1er décembre 2009, après qu’il ait participé et couvert une manifestation d’étudiants Sarahouis qualifiée d’illégale par le pouvoir, dans la ville de Taghjijte, non loin de Guelmim.
Son procès a eu lieu le 28 janvier 2010, soit très peu de temps après son arrestation, et sans qu’aucun chef d’accusation officiel ne soit retenu contre lui. Cette justice expéditive est contre tous les droits humains et ne respecte pas les droits de la défense. Elle est donc par nature elle-même illégale.
Le tribunal de première instance de Guelmim vient de le condamner à 6 mois de prison et 500 Dirham d’amende (44 €) pour “dégradation des biens de l’Etat”, “atteinte à un agent de l’Etat”, et “participation à une manifestation illégale”. Il est emprisonné à Guelmim. Son avocat, Ahmed Darchil, a décidé de faire appel.
Le pouvoir marocain lui reproche surtout d’avoir organisé et relayé sur internet une grève des blogueurs pour “une semaine de deuil pour la liberté d’expression au Maroc”. Cette action, lancée par l’Association des blogueurs marocains, devait durer jusqu’au 31 janvier 2010, elle semble continuer à l’heure actuelle.
« Cette condamnation inique est un nouveau coup porté à la liberté d’expression au Maroc. Boubaker Al Yadib a été officiellement arrêté pour avoir participé à une manifestation illégale. Or, il apparaît clairement que les motifs de son arrestation et de sa condamnation sont liés à l’engagement militant du blogueur, sur Internet, en faveur de la liberté d’expression », a dénoncé Reporters sans frontières.
Le Maroc est régulièrement mis en cause sur la scène internationale pour le non respect des droits humains, et notamment de la liberté d’expression.
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janvier 20th, 2010 · Asie
Le procès de quatre blogueurs et cyberdissidents s’est ouvert aujourd’hui 20 janvier à Hô Chi Minh Ville au Viêt Nam. Ceux-ci, militants et défenseurs des droits humains, sont jugés en vertu de l’article 79 du code pénal qui punit les “activités de subversion de l’administration du peuple”.
Le Cong Dinh, avocat de 41 ans, Nguyễn Tiến Trung, ingénieur informaticien de 26 ans, Tran Huynh Duy Thuc, 43 ans et Le Thang Long, 42 ans, étaient passibles de peines sévères, dont de la prison ferme jusqu’à une quinzaine d’années.
Deux d’entre eux, Me Le Cong Dinh et Nguyễn Tiến Trung – ce dernier est diplômé de l’école d’ingénieurs INSA Rennes en France – étaient même passibles de la peine de mort !
Lors de ses études, qui ont duré cinq ans, Nguyễn Tiến Trung avait fondé l’Association des Jeunes Vietnamiens pour la Démocratie, qui a acquis une reconnaissance et une renommée internationale.

Nguyễn Tiến Trung le 29 juin 2007 à la remise de son diplôme par l’INSA de Rennes.
Nguyễn Tiến Trung était rentré de France en 2007, juste après avoir terminé ses études, pour effectuer son service militaire. Il a été arrêté à Hô Chi Minh Ville le 7 juillet 2009 à la fin de celui-ci. Jusqu’à octobre, sa famille n’a eu aucune nouvelle de lui, au mépris des lois internationales. On sait désormais qu’il est vivant, puisque son procès, d’une durée prévue de deux jours, a eu lieu aujourd’hui.
Il a été condamné à 7 ans de prison ferme, assortie d’une période de résidence surveillée de 3 ans. Le procès a finalement duré moins d’une journée pour les quatre accusés, dans une parodie de justice expéditive.
Le Comité de soutien à Trung dénonce cette parodie de procès dans un communiqué.
Tran Huynh Duy Thuc a été condamné à 16 ans de prison ferme.
Le Thang Long, accusé de complicité, a été condamné à 5 ans de prison ferme.
Le Cong Dinh a écopé de 5 ans de prison ferme pour avoir défendu des confrères militant pour les droits humains.
Ces cyberdissidents souhaitent en effet plus de démocratie au Viêt Nam, sans toutefois remettre en cause l’état vietnamien. Il leur est reproché notamment des liens avec le Parti démocratique du Vietnam (PDV), une ancienne émanation du Parti communiste Vietnamien au pouvoir dissoute dans les années 1980 et réactivée sans autorisation en 2006.
Leur seul tord est d’avoir milité et défendu leur droit naturel à la liberté d’expression, reconnu comme un des droits humains fondamentaux par l’ONU.
Le Viêt Nam ne se grandit pas en organisant des parodies de procès, et doit respecter les droits humains fondamentaux, dont celui à la liberté d’expression, et relâcher tous les dissidents injustement condamnés et emprisonnés.
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janvier 1st, 2010 · Monde
2009 a été une année particulièrement difficile pour les blogueurs, au regard des droits humains. Outre le fait qu’un blogueur, au moins, soit mort en prison, 151 autres ont été arrêtés et emprisonnés en 2009, contre 59 “seulement” en 2008, indique le rapport annuel de Reporters sans frontières.
Bien sûr, le nombre de blogueurs a fortement augmenté. La censure et la répression s’accroissent face à ce nouvel espace de liberté qu’est internet. D’après RSF, “les blogueurs sont désormais tout autant surveillés que les journalistes des médias traditionnels”.
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octobre 25th, 2009 · Asie
Trần Khải Thanh Thủy est une blogueuse, écrivaine, poète et journaliste Vietnamienne de 49 ans qui vit à Hanoï et qui milite pour la démocratie et les droits humains dans son pays.
Elle est membre de l’Union des écrivains et du Club des femmes poètes d’Hanoï. Elle est également membre honoraire de PEN, une ONG britannique qui travaille à promouvoir la littérature et les droits humains, et lauréate 2007 du prix Hellman/Hammett de Human Rights Watch.

Trần Khải Thanh Thủy
Elle a été arrêtée à son domicile dans la soirée du 8 octobre 2009. Des hommes qui ne se sont pas présentés sont venus chez elle et l’auraient frappé avec des briques, lui causant un traumatisme crânien.
Elle est accusée, conjointement avec son mari, d’avoir frappé et blessé un homme. Cette accusation reste particulièrement floue, et plusieurs personnes et organisations, dont PEN et Global Voices Advocacy, pensent qu’au contraire c’est elle qui est la victime d’une agression. La photographie présentée par les autorités comme preuve de son geste serait, d’après des blogueurs Vietnamiens, un montage vieux de plusieurs années.
D’après le blogue “Free Trần Khải Thanh Thủy”, deux hommes se seraient présentés vers 20h30 au domicile de madame Thủy, et auraient commencé à l’agresser elle et son mari. Ils se seraient donc défendus tant bien que mal, sans intervention de la police, qui stationnait juste en face. Blessée, madame Thủy serait allée avec son mari à l’hôpital, où la police est venue l’arrêter.
Présentant le lendemain comme preuve une photographie d’un homme blessé, la police l’accuse donc d’agression. Mais des blogueurs Vietnamiens ont prouvé que cette photo avait été retouchée sous Photoshop. En effet, les informations digitales contenues dans la photographie numérique indiquent que la photo a été retouchée le jour même ! La police aurait donc intentionnellement falsifié une preuve, utilisant une image datant originellement de 2005.
Trần Khải Thanh Thủy risque jusqu’à 3 ans de prison pour des faits qu’elle n’a pas commis.

Trần Khải Thanh Thủy blessée à la tête et sa mère (Source : Free Tran Khai Thanh Thuy Blog)
Cette arrestation faisait suite à une première incarcération le même jour, lors d’un voyage matinal à Hai Phong pour soutenir 6 militants dans un procès. Sa voiture avait été stoppée par la police 10km avant Hai Phong. Elle avait été mise au secret, sans raison, puis relâchée quelques heures plus tard et ramenée vers 16h chez elle avec interdiction de quitter son domicile.
Déjà détenue en 2007 pendant 9 mois pour avoir exprimé son soutien aux agriculteurs expropriés de leurs terres qui demandent justice, elle avait souffert de diabète et d’une tuberculose sévère, sans avoir accès à des soins lors de sa détention.
Elle était depuis sa libération en février 2008 sous la surveillance des autorités. Son domicile avait même été souillé par des matières fécales humaines !
Le Viêt Nam est une république socialiste à parti unique, le Parti Communiste Vietnamien. Il souffre d’un fort déficit démocratique, et les autorités harcèlent sans arrêt les dissidents d’opinion. Nombreuses sont les arrestations sans fondement autre que celui d’opinion, ce qui est contraire aux droits humains fondamentaux.
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septembre 18th, 2009 · Amériques
Renée Wathelet était une blogueuse canadienne de Montréal de 60 ans, d’origine belge et qui vivait depuis peu de temps au Mexique, sur l’Île des Femmes (Isla Mujeres), dans le Yucatan.

Renée Wathelet par elle-même
D’après les premiers éléments de l’enquête de police, elle aurait été assassinée de 36 coups de couteau, le 17 septembre à 10h du matin, chez elle, par un homme de 24 ans, José Joaquin Palacios.
Il semblerait que ce crime soit crapuleux, un cambriolage qui aurait mal tourné. L’auteur présumé du meurtre à déclaré qu’il l’avait assassiné pour des raisons personnelles. Selon la police, il pourrait souffrir de troubles mentaux.
La communauté montréalaise des blogueurs est sous le choc. Renée Wathelet était en effet une blogueuse bien connue sur place. A première vue, ce n’est pas son activité de blogueuse qui est la cause de ce crime tragique.
Blogueurs sans Frontières présente ses condoléances à toute la famille ainsi qu’aux proches de Renée Wathelet.
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août 20th, 2009 · Europe
Olivier Bonnet est un journaliste et blogueur qui vit dans la petite ville du Puy-Sainte-Réparade, une commune de 5 200 habitants située au nord d’Aix-en-Provence, en France.

Olivier Bonnet
Ce blogueur a été mis en examen à l’automne 2008 pour « injures publiques envers un fonctionnaire public ».
Le magistrat Marc Bourragué attaque Olivier Bonnet en justice à la suite d’un billet publié en novembre 2007 sur le blogue de ce dernier intitulé « Yvan Colonna déjà condamné » dans lequel il parle du magistrat comme étant « l’inénarrable ancien substitut du procureur de Toulouse. »
Plus loin, il indique : « On peut donc légitimement s’interroger, connaissant le CV de ce magistrat, sur son « indépendance » dans le cadre d’un tel procès, tant il est évident qu’il est en « coma professionnel avancé » et soutenu par son administration pour des raisons que nous ignorons. »
En réalité, Olivier Bonnet n’a fait que diffuser le contenu d’une lettre adressée par un citoyen à la Fédération internationale des droits de l’Homme. Mais le fait de publier ces lignes le rend responsable de celles-ci, ce qu’il accepte volontiers. Il nie par contre le fait qu’il s’agisse « d’injures publiques », car la loi sur la Liberté de la presse, liberté soupçonnée ici d’être bafouée, indique à l’article 29, alinéa 2 : « Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure. »
Or dans ce cas précis, Olivier Bonnet, qui est journaliste ne l’oublions pas (carte de presse N° 79839), impute justement un fait, celui que le supérieur hiérarchique du magistrat le met gravement en cause dans un rapport (rapport Bréard) qui a été en partie publié dans un livre de Gilles Souillés. Livre que ce même magistrat n’a pourtant pas attaqué en justice.
Le procès du journaliste-blogueur doit se tenir à Paris aux alentour du mois de mai 2010. Il risque jusqu’à 12 000 € d’amende.
La France est réputée être un état de droit, dans lequel la liberté d’expression, aussi bien des journalistes que des citoyens, est un droit humain essentiel au bon fonctionnement d’une démocratie. Intenter des procès et tenter ainsi de museler toute opposition ou critique par l’intermédiaire d’amendes injustement infligées à des personnes, les blogueurs en l’occurrence, qui ne sont pas réputées riches et vont donc se ruiner pour devoir se défendre, est un procédé qui devient de plus en plus à la mode chez les « puissants. »
La judiciarisation à outrance de la société civile fait courir le risque d’une dérive autocratique intolérable.
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Blogueurs sans Frontières a été cité ce matin 10 août 2009 dans l’émission Télématin de France 2
Julia, qui présentait la rubrique Web du jour, a parlé de BSF, en demandant à tous de soutenir BSF
Merci Julia !
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Je viens de créer un compte Twitter pour BSF
Si vous voulez nous suivre, c’est par ici.
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avril 21st, 2009 · Asie
J’avais parlé ici il y a quelques mois de l’arrestation du blogueur sud-corée Park Dae-sung.
Celui-ci vient d’être libéré lundi 20 avril, après trois mois et demi de prison.
Il s’avère que les charges retenues contre lui n’ont pas été jugées suffisantes, à savoir qu’il ait voulu nuire avec ses billets au système financier sud-coréen. Les preuves ont été considérées comme inexistantes.
Voici une bonne nouvelle, ce qui est rare.
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mars 19th, 2009 · Asie
Omidreza Mirsayafi, dont j’ai parlé récemment ici, vient de décéder en prison.

Il était un blogueur culturel iranien vivant à Téhéran.
Déprimé par son incarcération, qu’il ne comprenait pas, il est mort le 18 mars 2009 selon un médecin, Hesem Firozi, qui a averti son avocat. Le médecin a été arrêté à son tour dans l’après-midi du 18 mars.
Reporters sans frontières indique que « Selon Hesem Firozi, « la mort de ce jeune blogueur est entièrement dûe à un défaut d’assistance ». Omidreza Mirsayafi avait été très fragilisé par le refus des responsables de la prison de lui accorder une permission de sortie. »
Personne ne sait à l’heure actuelle la cause de sa mort, ni comment ce drame est arrivé. Blogueurs sans Frontières se joint à l’appel de Reporters sans frontières pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort, et que les coupables soient jugés.
L’Iran est une dictature très dure quant à la répression exercée à l’encontre des opposants politiques, dont des journalistes et blogueurs. Les droits humains fondamentaux comme la liberté d’expression y sont bafoués constamment.
Mise à jour 20 mars 2009 : Le journal français Nouvel Observateur indique qu’Omidreza Mirsayafi se serait suicidé en prison. Pour le moment, rien ni personne ne peut confirmer telle ou telle hypothèse. Les informations en provenance de Téhéran sont souvent peu vérifiables, donc peu fiables. Seule une véritable enquête indépendante peut déterminer, je l’espère avec certitude, ce qui s’est passé.
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